« Papicha », la mode comme moyen de résister

Hello, j’espère que vous allez bien !

Mardi soir, j’ai été voir Papicha de Mounia Meddour et je tenais à vous en parler, car j’ai été scotché à mon siège tout le long du film. En me renseignant, après la séance (je le fais toujours après et pas avant, pour ne pas être spoilé, et tout simplement pour ne pas trop en savoir), je suis tombé sur cette phrase de Shirine Boutella, une des actrices du film, qui a dit « pour les femmes algériennes, la mode était un moyen de résister », dans une interview sur France Inter et j’ai vu cela comme une évidence, ce serait le titre de mon article. Je trouve cela tellement beau et intense que je me suis permis de le reprendre ici.

Je dois tout d’abord vous avouer que je n’y connais rien à l’histoire de l’Algérie (ni à l’histoire tout court, d’ailleurs… J’aurais dû m’intéresser un peu plus à mes cours au collège et lycée haha), donc je ne vais pas donner mon avis sur l’exactitude et la cohérence des faits historiques, mais plus sur la forme et mon ressenti vis-à-vis du film. Ce serait mal venu de ma part de parler d’un sujet où mes connaissances ne sont pas suffisantes.

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Lorsque j’ai vu la bande annonce de Papicha, je me suis tout de suite dit qu’il fallait absolument que je le vois. Mais je n’ai pas vraiment trouvé le temps, et je n’ai finalement pu aller le voir qu’en sixième semaine, donc j’espère que lorsque vous lirez cet article, ce film sera encore à l’affiche car il mérite vraiment d’être vu. Ce film raconte l’histoire d’un groupe de jeunes filles pendant les années 90 (que l’on appelle la décennie noire, à cause de la guerre civile) en Algérie. L’un d’entre elles adore la mode, dessine des robes et les crée. Mais on veut lui enlever cela, on veut imposer le voile intégral et des lois qui vont à l’encontre des libertés. Elle va donc tout faire pour pouvoir continuer sa passion et pouvoir être libre de faire ce qu’elle veut et de porter ce qu’elle aime, mais tout ne va pas être simple.

Ce film est poignant, et il ne peut que faire réagir, du moins on ne peut pas rester insensible aux sorts de ces jeunes filles, auxquelles on veut retirer les libertés. Il y a de magnifiques scènes dans ce film, notamment celle des quatre amies à la plage et celle où elles jouent toutes ensemble au foot, où l’on retrouve l’insouciance de la jeunesse et où tous leurs problèmes ont comme disparu. Tout au long du film, intensité, tendresse, rebondissements et rage s’entremêlent pour former une œuvre qui nous attrape et nous retient, nous fait réfléchir et nous révolte. Ces jeunes filles font preuve de courage, de volonté et de détermination, tout ça seulement pour vivre comme elles l’entendent. Nous les suivons dans différentes scènes, à la cité universitaire, en boîte de nuit, dans leur chambre en train de coudre. Les actrices font un travail formidable, leurs performances nous emportent avec elles et nous sommes comme à leurs côtés pour le reste du film. Papicha nous fait traverser différentes émotions, passant de la tristesse au rire, en passant par la surprise. La réalisatrice fait en sorte que nous soyons à la même hauteur socialement que les personnages du film. Il n’y a pas de point de vue qui les rabaissent ou qui les mettent sur un piédestal, elles sont filmées d’une manière très réelle et vraie.

Pour ce qui est des critiques, personnellement, je n’en ai aucune à faire ni sur la forme ni sur le fond. Je n’ai trouvé aucune incohérence ou erreur dans le déroulé de l’histoire, mais je le rappelle, je ne suis pas professionnel de ce sujet et donc, j’ai été un peu me renseigner pour voir ce que les gens en pensaient, et surtout ce que les algériens qui ont vécu ces années noires en disaient. Dans les critiques, ce qui est le plus reproché au film par les algériens est que les deux actrices principales, Lyna Khoudri et Shirine Boutella, n’ont pas connu cette décennie noire, de par le statut privilégié qu’elles avaient grâce à leurs parents. J’ai également retrouvé quelques commentaires qui voyaient ce film comme une critique du voile, et là, je pense juste que ce sont des gens qui n’ont pas compris le film. Le film ne s’oppose pas au voile, il s’oppose à l’obligation de le porter et s’oppose également au retrait des libertés individuelles, et selon moi, à aucun moment il n’y a de manque de respect vis-à-vis de ce signe religieux. Papicha montre seulement que chaque femme a le droit de porter ce qu’elle veut, que ce soit un voile, un jean, une jupe ou un décolleté. En résumé, ce film est d’excellente qualité et mérité d’être vu par tout le monde, je vous le conseille vivement !

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J’espère que cet article vous a plu, je pense que je ferais des critiques de film beaucoup plus souvent maintenant car je me suis pris une carte illimitée au cinéma et donc j’y passe ma vie haha ! N’hésitez pas à laisser un commentaire, pour que l’on parle du film ou même d’un autre film, si vous avez des titres à me donner que ce soit à l’affiche en ce moment ou non, d’ailleurs. Sur ce, je vous souhaite une bonne continuation et on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures ! En attendant, vous pouvez me retrouver sur Instagram ! Et n’oubliez pas, soyez audacieux 😉

2 commentaires sur “« Papicha », la mode comme moyen de résister

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  1. On l’oublit souvent mais le vêtement a toujours été une manière de contrôler les femmes.
    En France par exemple ce n’est pas si vieux que cela de pouvoir s’habiller comme on l’entend. Les pantalons par exemple ne sont réellement apparus sur les femmes dans la vie de tous les jours que dans les années 70…
    Autre exemple, les jambes des femmes ne se sont montrés qu’à partir du XXème siècle, après la première guerre mondiale… il y a tout juste 100 ans !!

    L’Histoire est très intéressante pour comprendre. Elle ouvre le champ des possibles. Elle permet de se faire sa propre opinion. Mais faut faire très attention à ce que l’on appelle le « roman national ».
    Moi avec les années , je me suis aperçue que l’Histoire que l’on m’a raconté à l’école n’est pas vraiment celle qui a eu lieu mais plus tôt une interprétation de la réalité, des faits. C’est par exemple dire : la France en colonisant l’Algérie a apporté la civilisation. Faux, elle a juste imposé son mode de vie et sa puissance. Qui sommes-nous pour dire que notre civilisation vaut mieux que celle des autres ?
    Je m’égare un peu trop du sujet, désolé. Mais je trouve tellement important d’aller voir au delà des apparences.

    Juste pour finir, les femmes sont toujours les premières victimes dans les conflits. Elles sont toujours les premières à qui on supprime des droits, des libertés. Et encore plus quand les religions s’emmêlent.

    Si ce film permet de voir cela, je trouve ça formidable !

    Aimé par 1 personne

  2. Article très intéressant. Malheureusement, je ne suis pas sûre qu’ils le passent encore près de chez moi (ce qui est dommage)… Pas grave, je me rattraperai sur Proxima avec Eva Green et Knives Out avec Chris Evans et Daniel Craig qui sortent tous les deux la semaine prochaine 😀

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