Portraits de femmes d’exception #1 : Icône et pionnière, Agnès Varda

Hello, comment vous allez ?

          Je sais, ça fait (très très très) longtemps que je n’ai pas publié ici et je m’en excuse, mais je c’est vrai que je ne prends jamais vraiment le temps de m’occuper du blog. Je vais faire en sorte que cela change, j’ai envie de recommencer à écrire, et je vais essayer de me tenir, dans un premier temps, à minimum un article par semaine. J’ai pleins d’idées, et j’ai envie de les mettre à l’écrit, et en application.

          Je me lance donc aujourd’hui, et pour mon retour, j’ai décidé de commencer une série de portraits de femmes d’exception, des femmes exceptionnelles, pionnières, avant-gardistes, féministes, qui m’inspirent et qui inspirent mes recherches et mon travail. On commence par Agnès Varda, (oui, j’avoue, j’aurais pu commencer par ma maman, mais je préfère garder ça secret) une cinéaste qui m’a beaucoup marqué et à qui je souhaite rendre hommage, après sa disparition tragique il y a tout juste un mois. Je n’avais pas trouvé le temps de le faire, mais maintenant voilà chose faite. Si vous ne connaissez pas cette femme, ou très peu, ou même si vous voulez vous replonger dans son œuvre, je vous invite à lire cet article et à me dire ce que vous en pensez !


          Dans le tout dernier plan du dernier film d’Agnès Varda, une belle plage embrumée se dessine à l’écran et quelques mots de Varda se font entendre, qui sonne comme des adieux… Au cours de sa carrière, Agnès Varda, pionnière et icône, a connu de nombreuses vies, des hauts et des bas du quotidien, des tragédies personnelles (la mort de Jacques Demy à seulement 59 ans) qui ont forgé la personne qu’elle était. Agnès Varda a toujours mis le réalisme au cœur de son travail, pour montrer la vie des gens que l’on ne voit pas, telle une trace de sa vision à elle, une vision qui est plus que fidèle à la réalité, cette réalité qui lui était très chère. Et en une image, qui illustre toute une carrière et décrit bien la cinéaste, Agnès Varda nous dit au revoir, pour signifier que ce sera son dernier film, et qui aujourd’hui fait écho à sa tragique disparition. Mais Agnès Varda est toujours là, auprès de chacun, absente physiquement mais intemporelle au cinéma.

          Des gens de tous les jours, on en trouvera pleins, qui peuplent le cinéma de Varda. Des gens qui viennent chercher les restes après le marché dans Les Glaneurs et la Glaneuse (2000), les habitants et commerçants de la rue Daguerre dans Daguerréotypes (1975). Il y a une envie de la part d’Agnès Varda de filmer le réel : filmer ce qui se passe autour d’elle et dans le monde. Cette rue Daguerre, où Agnès Varda vivait depuis 1951 et où elle est décédée, est une sorte de lieu de rassemblement pour elle. Une maison et un espace où la cinéaste revenait après chaque voyage et retrouvait ses repères.

          La caméra se fait très discrète dans ses films, comme dans Daguerréotypes, pour se fondre dans l’ombre et ne pas intimider les personnes filmées. Le spectateur n’a pas l’impression de déranger ou d’être un voyeur. Les personnes ou personnages sont filmés à leur juste valeur. C’est ce qu’il y a de beau dans le cinéma de Varda, cette proximité avec les gens que l’on croise tous les jours. La cinéaste a toujours été pionnière, dès qu’elle avait une idée, elle l’exécutait même si personne d’autre ne l’avait déjà fait ou ne l’a validait. C’est cette motivation et ce déterminisme qui lui a permis d’accéder à la reconnaissance et au succès.

          Agnès Varda a toujours imposé le respect dans le domaine du cinéma, un respect de tous ses contemporains, mais également de ceux qui étaient là avant elle et de ceux qui seront là encore après elle. Grâce à elle, le spectateur a la chance d’assister à des scènes intenses, bouleversantes, mais également des scènes de la vie de tous les jours sur lesquelles on n’a pas l’habitude de s’arrêter. Les moments de vie qui se passent sous nos yeux ne sont jamais jugés, jamais examinés, ce sont seulement des moments qui se passent et que l’on se surprend à regarder. Agnès Varda a su adapter sa vision des choses pour retranscrire ce qu’elle voyait – sa vision n’est pas la même dans ses fictions que dans ses documentaires, par exemple. Elle a inventé une forme de cinéma où les gens ordinaires sont à l’honneur.

          Son cinéma a toujours été un moyen de mettre en lumière ce que l’on ne voit pas, les gens que l’on ne connait pas, d’une manière totalement neutre et totalement bienveillante. Les plages ont également eu un rôle important dans la vie d’Agnès Varda, et c’est pour cela qu’elle en a fait un film ; les plages de Sète, des Flandres, de l’Hérault, de Noirmoutier, de Los Angeles. Dans Les Plages d’Agnès (2008), la cinéaste fait un retour sur sa vie, en filmant les personnes, les idées, les lieux, et les nombreuses aventures qui ont animé sa vie. Le film s’ouvre avec un jeu de miroir sur une des plages qu’elle a connu dans sa jeunesse, comme une mise en scène de la vie de Varda.

          L’intérêt dans ce film réside dans la façon où Agnès Varda montre la joie mais aussi la tristesse qui l’ont accompagné toute sa vie (la naissance de ses enfants, mais aussi la mort de Jacques Demy), dont elles parlent sans concession : ces souvenirs de jeunesse, de tournage, comme pour le film La Pointe Courte (1955) avec les habitants du village, d’amour avec sa vie au côté de son mari, également réalisateur, et sur lequel elle a fait un film qui retrace son enfance. Tout cela est constitutif de ce que Varda était en tant que personne, en tant que cinéaste, en tant qu’auteur mais aussi, plus récemment, en tant qu’artiste plasticienne, en tant que « visual artist », comme elle préférait dire.

          Ses films sont tous plus intéressants les uns que les autres, car ils disent et montrent tout ce que la réalisatrice a voulu dire. Agnès Varda a, toute sa vie, su se réinventer pour pouvoir parler de nouveaux sujets, mettre de nouvelles personnes en lumière, montrer de nouveaux lieux que l’on ne connaissait pas. Tout doucement, la cinéaste a créé une œuvre qui traverse les époques, où elle expose ses sentiments, ses émotions, ses idées – très nombreuses, et souvent novatrices – et qui parle à tout le monde, peu importe qui l’on est.

          Il y a également tous ses engagements politiques, qui ont aussi façonné la carrière de Varda. Le féminisme et les droits des femmes que l’on retrouve dans L’une chante, l’autre pas (1977) avec Suzanne (Thérèse Liotard) et Pomme (Valérie Mairesse). Dans ce film, elle lutte plus spécifiquement pour le droit à l’avortement, avec notamment la chanson « Mon corps est à moi » qui est connu de beaucoup de monde. Agnès Varda a également filmé les Black Panther en Amérique, pour mettre en lumière le droit des afro-américains. Tous ses combats l’ont forgé et ont fait partie intégrante de sa vie et de son cinéma – elle n’hésite pas à y revenir dans ses films plus autobiographiques.

          Commencer à parler du film Varda par Agnès (2019), où elle fait ses adieux sur une plage embrumée, a permis de partir de la fin et d’essayer de remonter le temps pour parler d’une cinéaste pionnière, avant-gardiste, icône et intemporelle qui restera dans les mémoires, bien après sa mort. Agnès Varda a été une des personnes qui a fait naitre la Nouvelle Vague, et qui n’a ensuite jamais cessé d’innover. Elle a beaucoup donné au cinéma, et ses films sont des pépites à voir et à revoir.


          J’espère que cet article vous a plu, j’ai essayé de revenir globalement sur la vie d’Agnès Varda, mais il y a tant de choses à dire que je pense que je referais des articles sur elle, mais plus précis, comme sur ses engagements politiques, ou sur un de ses films, … J’espère également que je vous ai donné envie de découvrir son œuvre si vous ne la connaissez pas encore. Sur ce, je vous souhaite une bonne continuation ! Et si vous avez des idées de femmes inspirantes dont je pourrais parler, n’hésitez pas à me le dire en commentaire 🙂 A bientôt, et surtout, soyez audacieux !

P.S. : J’ORGANISE UNE NOUVELLE FAQ (pour mon retour haha) : Je vous invite à me poser toutes les questions que vous voulez, sur le blog, sur ma vie, mes études, … Peu importe, tout ce que vous voulez savoir sur moi, j’y répondrai ! Et bien entendu, comme pour la première édition, je mettrai le lien de votre blog si vous en avez un, pour que les lecteurs puissent venir vous voir 🙂

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5 commentaires sur “Portraits de femmes d’exception #1 : Icône et pionnière, Agnès Varda

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  1. Welcome back 🙂 J’ai systématiquement entendu parler d’Agnès Varda en bien et ton article me donne envie de courir dans la médiathèque la plus proche pour me procurer l’intégralité de sa filmographie 🙂 j’ai toujours beaucoup aimé ce qu’elle dégageait et je te remercie de l’avoir mise en lumière ! Belle journée à toi !

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour 🙂 je conaissais pas vraiment Agnes Varda je vais m’y mettre 🙂 en femmes inspirantes j’aime bien Jeanne d’Arc et la Princesse Margaret (soeur d’Elizabeth II) qui voulait être libre sans se soucier du protocole et Carrie Fisher qui n’hésitais pas à dire se qu’elle pensait
    Bonne journée 🙃

    Aimé par 1 personne

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